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Le marché du bricolage en France : chiffres clés et tendances

Parmi les marchés de la maison, celui du bricolage est celui qui se porte le mieux, avec une croissance de 1,9 % en 2016. Cette dynamique devrait se poursuivre, tous les indicateurs étant au vert.

Le marché du bricolage rassemble des canaux de distribution variés : les Grandes Surfaces de Bricolage (GSB), les quincailleries (environ 3 % du marché), le négoce (15 %), le e-commerce (3 %), la grande distribution généraliste (2 %). En France, en 2016, le marché du bricolage a généré un chiffre d’affaires de 25,4 milliards d’euros, selon les chiffres de la Fédération des Magasins de Bricolage (FMB).

Le marché du Bricolage en France

Des chiffres qui redonnent le moral aux acteurs du bricolage

Après quelques années de stagnation, le marché du bricolage français retrouve des couleurs. En 2016, il affiche une progression de 1,9% pour s’établir à 25,4 milliards d’euros, comme l’indique la dernière étude annuelle des organisations professionnelles Unibal et de la FMB. Cette croissance est nettement plus marquée qu’en 2015 (+0,6 %) et qu'en 2014 (+0,8 %). Ce chiffre permet au marché du bricolage d’occuper la première place des dépenses des ménages français. Suivent ensuite le meuble avec 9,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, le jardin avec 8,7 milliards d’euros et l’electroménager qui arrive en dernière position avec 7,7 milliards d’euros dépensés. A l’exception du jardin qui se maintient, tous les secteurs ont progressé de 2 %.

Il faut préciser que le contexte en 2016 est plus favorable qu’en 2015. En 2015, l’électricité, le chauffage et l’outillage affichaient de bons chiffres de vente. En 2016, la progression s’est confirmée dans la plupart des filières excepté pour la branche électricité. En effet, le résultat a notamment été faussé par la loi sur la sécurité incendie qui obligeait chaque foyer à s’équiper en détecteurs incendies, ce qui a logiquement entraîné une forte hausse des ventes (+9 %).

Selon l’étude d’Unibal, plusieurs autres facteurs expliquent les chiffres du marché du bricolage français. Il faut d’abord prendre en compte la reprise du marché immobilier. En 2016, les transactions immobilières ont augmenté de 10% atteignant leur plus haut niveau depuis 10 ans. Les projets de bricolage des ménages ont donc été de plus en plus nombreux et ont également contribué à accroître le nombre de chantiers neufs ou à rénover.

Autre facteur favorable : la conjoncture économique. Même si le Produit Intérieur Brut (PIB) reste relativement stable depuis 2012, le pouvoir d’achat des Français est en légère hausse. Selon l’INSEE, l’indicateur de confiance des ménages augmente lui aussi, à 99 depuis novembre 2016. Pour rappel, cet indicateur était à 90 en 2015. Ainsi, la consommation des ménages s’accroît, ces derniers étant plus rassurés, font plus de projets de travaux. Outre la bonne atmosphère immobilière et la conjoncture économique favorable, d’autres éléments sont déterminants et ne doivent pas être écartés. Par exemple, 29% des foyers français déclarent avoir un chauffage insatisfaisant et 13% des problèmes d’humidité dans leur logement. Ces problématiques laissent présager des travaux et expliquent en partie les bons chiffres du marché du bricolage en 2016.

Les Grandes Surfaces de Distribution continuent de dominer

Sur ce marché à 25,4 milliards d’euros, les GSB dominent largement puisqu’elles représentent 77% de parts de marché. Toutefois, ce phénomène n’est pas nouveau et est constaté depuis plusieurs années. L’étude dénombre 11 enseignes qui sont particulièrement plébiscitées par les ménages et qui se partagent l’intégralité du territoire. Si les Groupes ADEO et Kingfisher concentrent une part importante des ventes, Leroy Merlin arrive en tête avec 33% des ventes suivi de Castorama (17%) et de Brico-dépôt (11%).

Si la plupart des secteurs progressent sensiblement, certains se distinguent pour diverses raisons. En 2016, les Français ont dépensé le plus d’argent dans le rayon des revêtements. Avec 4,7% de parts de marché, ce secteur réalise le meilleur résultat d’activité. La dynamique de ce rayon s’explique par le succès des produits de mise en œuvre et de personnalisation. L’outillage connaît lui aussi une belle progression de 4,2% de parts de marché en 2016, contre 2% en 2015.

Ces résultats confirment l’engouement des particuliers pour le bricolage et la tendance du DIY. Le rayon plomberie/salle de bain/cuisine se situe en troisième position avec 3,8% des parts de marché. Il s’agit d’un rayon technique dont l’évolution dépend de l’envie des ménages d’améliorer leur pièce à vivre, de suivre les tendances sur l’univers de la salle de bain ou d’installer de nouvelles technologies. Les quatrième et cinquième places sont occupées par le secteur bois et menuiserie ainsi que la quincaillerie. Le chiffre d’affaires du rayon quincaillerie est en constante hausse depuis 2013.

La progression du e-commerce

Même si les GSB dominent incontestablement le marché du bricolage en France, elles sont confrontées à une nouvelle dynamique impressionnante : le e-commerce. Le e-commerce ne représente que 3% des ventes mais progresse le plus rapidement avec une percée de 25% contre 1,6% pour les GSB. Toutefois, les grandes enseignes de bricolage ne semblent pas dépassées par ce phénomène.

Avec plus de 5,6 millions de visiteurs par mois, Leroy Merlin se place par exemple en sixième position dans le classement des sites commerçants de la Fevad. Toutefois, cette audience génère surtout du trafic dans ses magasins. Cela renvoie directement au principe du showroming : le consommateur se rend en magasin pour arrêter son choix sur un ou plusieurs produits, prend les références puis retourne chez lui pour faire des comparaisons avec ceux des autres distributeurs via son smartphone. Les critères de sélection se basent essentiellement sur le prix, les avis laissés sur la maque ou le produit, les délais de livraison. En effet, un client achète rarement sur Internet un matériel qu’il ne connaît pas. Selon le Credoc, la part de l’e-commerce dans le marché du bricolage français devrait doubler d’ici à 2020.

La conjoncture immobilière actuelle laisse croire que la dynamique du marché du bricolage devrait se maintenir dans les prochaines années. Toutefois, lors de chaque année électorale, les Français ont tendance à s’abstenir en privilégiant l’épargne. Reste à savoir si 2017 fera exception à la règle.

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