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Qu’est-ce que l’inflation : définition et explications

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L’INSEE définit l’inflation comme "la perte de pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix". L’inflation se distingue donc de la hausse du coût de la vie. En effet, la perte de valeur des unités monétaires affecte l’économie nationale dans son ensemble, sans discrimination entre les catégories d’agents. Le taux d’inflation est évalué grâce à l’indice des prix à la consommation (IPC), une mesure incomplète pour prendre en compte le phénomène inflationniste qui couvre un champ plus large que celui de la consommation des ménages.

L’objectif des politiques monétaires menées par les grandes banques centrales est de maintenir une hausse régulière mais modérée du niveau général des prix. À ce titre, la Banque centrale européenne (BCE) se donne pour objectif de ramener à 2 % le taux d’inflation de la zone euro. Un niveau modéré d’inflation a des effets sur les entreprises en favorisant la prise de décision d’investir mais aussi sur les ménages puisqu’il les incite à placer leur excédent de liquidités plutôt que de les conserver sur leurs comptes bancaires.

La mesure de l’inflation en France

L’inflation est mesurée grâce à l’indice des prix à la consommation (IPC). Le calcul de cet indice passe par une première étape pour le moins laborieuse : chaque mois, les enquêteurs de l’INSEE relèvent plus de 200.000 prix. Cette tâche est toujours effectuée dans les mêmes points de vente et pour les mêmes produits et services. L’ensemble des étiquettes collectées est ensuite agrégé puis pondéré en fonction de la part que les ménages y consacrent en moyenne. Ce panier type de la ménagère est actualisé tous les ans. Sur un an, les prix à la consommation ont augmenté de 0,6 % en décembre 2016, selon les chiffres publiés par l’INSEE. Cette légère hausse de l’inflation s’expliquerait par l’augmentation plus prononcée sur un an des prix de l’énergie et des produits alimentaires. En revanche, les prix des services ont légèrement ralenti et ceux des produits manufacturés ont reculé par rapport aux mois précédant décembre 2016.

L’inflation de la zone euro est calculée à partir de l’indice des prix à la consommation harmonisé. En effet, les pays membres ont tous adopté la même méthodologie. Chaque institut national transmet ainsi ses données à l’Eurostat, un organisme européen chargé de la production de statistiques européennes harmonisées.

Les quatre facteurs de l’inflation

Il existe quatre principaux facteurs à l’origine de l’inflation :

L’inflation par les coûts

Le prix d’un produit peut être amené à augmenter lorsque son coût de fabrication s’accroît ou parce que les prix des produits qui le composent augmentent. La hausse du prix de fabrication provient généralement d’une hausse des salaires. L’augmentation du coût des matières premières pèse sur les coûts de production des entreprises. Lorsque ces matières premières sont achetées à l’étranger, on parle d’inflation importée. L’inflation par les coûts peut conduire à une spirale inflationniste. En effet, pour préserver leurs marges bénéficiaires, les entreprises sont incitées à augmenter leurs prix. Cette hausse des prix se répercute directement sur le niveau des salaires qui s’accroît à son tour. S’en suit ensuite une nouvelle hausse des prix…

L’inflation par la demande

Ce type d’inflation est constaté lorsque la demande de produits ou de services augmente mais l’offre ne parvient pas à s’adapter à ce surcroît de demande. Les entreprises mettent en place des programmes d’investissement pour augmenter leur production et augmentent leurs effectifs ce qui contribue à stimuler l’activité économique et la demande globale des ménages. Toutefois, tant que les quantités créées ne parviennent pas à s’adapter à la demande globale, la hausse des prix perdure.

L’inflation importée

La dépréciation d’une monnaie par rapport au dollar ou aux autres principales devises de facturation du commerce mondial comme le Yen, l’Euro ou la Livre Sterling, génère une hausse du prix des produits importés. Cette inflation se répercute sur l’ensemble des secteurs de l’économie et affecte essentiellement les entreprises et les ménages. Ce phénomène peut être lié à une importante augmentation des cours des produits énergétiques et agricoles sur les marchés mondiaux.

L’inflation par excès de masse monétaire

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Certains économistes considèrent que l’inflation apparaît lorsque le stock de monnaie circulant dans l’économie est trop élevé par rapport à la quantité de biens et services offerts. Dans ce cas, un excès de masse monétaire créé par les banques commerciales ou par le financement du déficit public par la banque centrale est à l’origine de l’inflation. Cette dernière est donc alimentée par un excès de demande et la dépréciation du taux de change.

Une inflation modérée a des effets positifs sur l’économie

Une inflation trop forte peut avoir des effets néfastes sur l’économie. Effectivement, cela génère une dégradation de la compétitivité-prix des produits fabriqués sur le territoire par rapport à ceux conçus à l’étranger. Il en résulte une baisse de l’activité pour les entreprises domestiques pouvant entraîner des réductions d’effectifs et donc une hausse du chômage. Par ailleurs, une inflation élevée crée une incertitude quant au niveau futur des prix. Les entreprises se montrent alors prudentes en matière d’investissement, la rentabilité étant difficile à anticiper. Une inflation trop forte pénalise également les ménages qui subissent une perte de leur pouvoir d’achat. Ces derniers peuvent donc être amenés à réduire leur consommation pour maintenir leur niveau de vie actuel.

L’un des objectifs de la Banque centrale européenne (BCE) est de garantir la stabilité des prix. Pour cela, elle cible un objectif de 2 % d’inflation qui représente une hausse modérée des prix. Elle veille également à éviter les risques de déflation qui sont à l’origine de la contraction de l’activité économique. L’inflation modérée impacte directement :

  • Les entreprises : ces dernières pourront ancrer leurs anticipations de hausse des prix à moyen et long terme. Une inflation prévisible favorise les prises de décisions en matière d’investissement car elle réduit les incertitudes liées à la rentabilité future qu’ils engendrent.
  • Les ménages : ceux-ci seront incités à placer leurs liquidités plutôt que de les conserver sur leurs comptes bancaires. L’inflation modérée assure ainsi un certain équilibre entre le niveau d’épargne et le niveau d’investissement sans lequel les taux d’intérêt augmenteraient.
  • Les taux d’intérêt : une inflation modérée contribue à maintenir les taux d’intérêt à un niveau peu élevé. En effet, la banque centrale qui fixe les taux d’intérêt directeurs n’a pas besoin d’agir sur les conditions de crédit pour atteindre son objectif de politique monétaire. Cela est favorable aux ménages et aux entreprises qui pourront emprunter à des conditions attractives.

Ainsi, une trop forte inflation est le signe d’une crise économique. Certains pays comme la Russie ou le Brésil ont déjà connu l’hyperinflation qui correspond à une hausse de prix excessivement élevée et incontrôlable, dans les années 1990 à 2000. Si de telles situations désorganisent totalement la vie économique d’un pays, les politiques de désinflation qui se révèlent efficaces au prix de baisses de salaires ou d’une perte de pouvoir d’achat présentent également des risques pour la cohésion sociale sur le long terme.

Il faut enfin noter que l’inflation n’est pas le seul facteur de la croissance économique. Cette dernière dépend également des facteurs travail et capital.

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